Parler des vins de Corse exige d’abord de comprendre la géographie. L’île n’est pas un bloc homogène. Elle est une succession de reliefs, de microclimats, d’expositions et de sols qui façonnent des expressions radicalement différentes selon que l’on se trouve à Patrimonio, en Balagne, dans l’Ajaccien, autour de Sartène ou sur la côte orientale.
La viticulture corse repose sur environ 6 000 hectares de vignes, structurés autour de plusieurs appellations d’origine protégée et d’indications géographiques. Cette surface, modeste à l’échelle française, explique en partie la relative discrétion des vins insulaires sur certains marchés. Pourtant, la diversité géologique de l’île – granites, schistes, calcaires, alluvions – confère aux vins une complexité que l’on ne peut résumer à une simple influence méditerranéenne.
L’altitude joue un rôle déterminant. Nombre de parcelles se situent entre 150 et 400 mètres, parfois davantage. Cette élévation tempère les excès de chaleur estivale, préserve l’acidité naturelle des raisins et permet des maturités phénoliques plus équilibrées. L’influence maritime, omniprésente, apporte ventilation et amplitude thermique. Ce dialogue constant entre mer et montagne constitue l’une des clés de lecture essentielles des vins corses.
Comprendre un vin corse suppose donc d’intégrer plusieurs paramètres :
- La nature du sol : granite structurant, schiste donnant tension et verticalité, calcaire apportant précision et allonge.
- L’altitude et l’exposition : déterminantes pour la fraîcheur et l’équilibre.
- La proximité de la mer : facteur de régulation thermique.
- Le choix variétal : cépages autochtones majoritaires dans les domaines exigeants.
Ce blog s’attache à analyser ces éléments avec méthode. Chaque article approfondit un terroir, une zone, une dynamique régionale, afin de sortir d’une approche superficielle et de restituer la véritable architecture du vignoble corse.